top of page

Reprendre sa place au coeur de l'accouchement

Dernière mise à jour : 28 mai


Grossesse et accouchement, reprendre son pouvoir dans l'accouchement

Être enceinte, accoucher, devenir parents… Ce sont des événements majeurs de la vie d’une femme, d’un couple. Je les vois comme des passages initiatiques tant ils viennent bouleverser, ébranler, secouer, transformer, faire grandir. Comme tout événement, ils laissent une empreinte à l’intérieur. Une empreinte qui sera teintée d’une certaine couleur en fonction de leur déroulement et de leur vécu.

 

Même si cette couleur n’est pas indélébile, elle impacte ! Elle impacte la femme et la mère en devenir. Le/la partenaire et le parent qu’il/elle devient. Le bébé. Leur histoire. Leurs liens… C’est pourquoi il est tellement important que tout soit mis en œuvre pour aller autant que possible vers un vécu positif, « empuissançant » voire même magique de l'accouchement et du post-partum.

En ce sens, il est essentiel de bien se préparer – et de se préparer à toutes les éventualités. Il est essentiel aussi de se positionner et de choisir le lieu de naissance ainsi que les personnes qui accompagnent la grossesse et celles qui seront présentes à l’accouchement en alignement avec vos désirs et vos besoins.





 

L'impact d'une vision et d'un accompagnement exclusivement médical de l'accouchement


Dès ma première grossesse, j’ai ressenti si fort que la grossesse et l’accouchement m’appartenaient. Qu’ils nous appartenaient à moi, à mon compagnon, à notre bébé. L’accouchement, c’était NOTRE naissance. Tout mon être appelait à en faire un passage sacré, préparé et vécu à notre manière, avec notre vision et nos valeurs.

 

Or depuis plusieurs dizaines d’années, la grossesse et l’accouchement sont principalement une affaire médicale, dans les pays « industrialisés » du moins. Le suivi de la grossesse se limite très souvent à des échographies, des analyses de sang et d’urines pour vérifier l’absence de pathologie. On traque le problème, on court après le risque zéro. Bien sûr qu’il y a du bon à ça. Prévenir certaines pathologies, éviter certains drames, c’est une chance énorme qu’on a !

 

Mais il y a aussi du moins bon. Une vision et un suivi exclusivement médicaux peuvent vraiment éloigner du caractère normal et naturel de la grossesse et de l’accouchement. Ou carrément le faire oublier. Comme si on zappait la base, la normalité pour ne se concentrer que sur les cas où la nature dérape. La force de vie, la puissance du corps de la femme et du bébé, la normalité des incroyables processus qui s’opèrent en elle ne sont pas mis en avant. Ils sont même très souvent tout simplement passés sous silence.

Tout cela peut instaurer un climat de peur et d’inquiétude. De manière subtile ou inconsciente – ou flagrante parfois - elle peut couper la femme enceinte de ses intuitions, de sa confiance. De son sentiment que tout cela est naturel et qu’elle et son bébé sont « capables ». Doucement mais sûrement, elle instille le doute. La peur.

Suis-je vraiment capable de donner naissance à mon bébé ? Mon bébé est-il trop gros ? Et si quelque chose se passait mal ? Ne vaut-il pas mieux m’en remettre aux professionnels, ils savent mieux que moi et si quelque chose arrivait je m’en voudrais trop...

 

Pire, cette manière de percevoir l’accouchement et de l’accompagner peut contribuer à créer les situations qu’elle cherche à éviter ! C’est le phénomène de la cascade d’interventions, aussi appelé effet toboggan, dont je vous parlerai peut-être dans un autre article.

 

Bref, le moins qu’on puisse dire c’est que tout n’est pas mis en place dès la grossesse pour que la femme vive cet événement avec émerveillement et soutien, et qu’elle s’en aille vers l’accouchement dans la sérénité et la confiance, avec un projet de naissance qui lui ressemble et qui la comble.

 

Il n’y a pas de bon ou de mauvais choix en matière de projet d’accouchement. Mais il y a, je pense, des choix qui laissent un goût amer dans la bouche et le corps. Parce qu’ils ont été guidés par la peur ou par le manque d’informations.

Et puis bien sûr… il y a ces fois où il n’y a pas eu de choix.



échographie, suivi médical de la grossesse, préparation à l'accouchement

Il est vraiment essentiel de bien prendre conscience d’une chose : la manière dont la femme enceinte est accompagnée pendant sa grossesse et son accouchement peut la priver de l’émerveillement, de la joie, de son pouvoir et de sa puissance. Ou au contraire soutenir tout ça et lui permettre de se sublimer !

Et même… La manière dont la femme enceinte et son/sa partenaire sont accompagné.es pendant la grossesse et l’accouchement a une influence sur le déroulement de ces événements et sur leur vécu. Et oui, c’est tout cela qui est en jeu, et il faut en avoir conscience !



Choisir comment vous souhaitez vous préparer et accoucher

 

Pour revenir à ma première grossesse, j’ai immédiatement senti que ça n’avait aucun sens pour moi de m’en aller accoucher ailleurs que chez moi. C’était limite impensable d’envisager enfanter à l’hôpital - et cela n'appartient qu'à moi. Et puis, au fil des petites remarques et des peurs de mes proches et moins proches que j’ai reçues au visage… j’ai renoncé. Je me suis raisonnée – résignée plutôt – et j’ai prévu un accouchement en plateau technique avec un suivi global par une sage-femme (la même sage-femme assure le suivi pendant toute la grossesse, accompagne l’accouchement et le postnatal). Parce qu’en effet, pour qui donc me prenais-je de penser que je pourrais donner naissance à la maison, sans péridurale, pour un premier bébé qui plus est ? Et que ferais-je donc en cas de problème ?

 

Chemin faisant, je me suis totalement désinvestie de mon accouchement. Quand je me projetais, je ne ressentais aucune joie, seulement une grande tristesse. J’avais aussi ce ressenti fort – qui n’appartient qu’à moi, encore une fois - qu’en allant en structure, je ne m’offrais pas les meilleures chances d’accoucher comme je le souhaitais.

 

Et puis vers mes 7 ou 8 mois de grossesse, j’ai éclaté en larmes en cours de prépa à la naissance. J’ai osé dire ce que mon ventre et mon cœur criaient : je veux accoucher chez moi. C’est là ma place et celle de mon bébé. Notre sage-femme nous a suivi dans ce changement de projet. Cette décision prise et posée, je me suis tellement réjouie d’accoucher de ce bébé. Je me suis sentie tellement émerveillée et en joie.

Quelques semaines plus tard, j'accouchais de mon fils par césarienne.

 



Conclusion

Oui, la naissance appartient à la femme, au bébé, au 2e parent. Et si au final on ne peut jamais savoir avec certitude comment l’enfantement se déroulera ni le contrôler, cela n’empêche en rien de laisser toute sa place à la femme, au couple dans la préparation à la naissance et dans l'accouchement.


Comme le résume l'OMS (Organisation mondiale de la santé) dans ses Recommandations sur les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement de 2018, "Les femmes veulent vivre une expérience positive de l’accouchement qui remplisse ou dépasse leurs attentes et croyances sociales, culturelles et personnelles. Elles souhaitent notamment donner naissance à un enfant en bonne santé dans un environnement clinique et psychologique sûr, avec le soutien pratique et psychologique continu d’un/-e ou de plusieurs accompagnant/e(s) et d’un personnel clinique bienveillant et compétent sur le plan technique. La plupart des femmes désirent vivre un travail et un accouchement physiologiques, et éprouver un sentiment d’accomplissement et de contrôle personnels en participant à la prise de décision, même lorsque des interventions médicales sont nécessaires ou souhaitées."*


Communication, écoute, soutien, équilibre, bienveillance, respect. Voilà des ingrédients qui devraient toujours faire partie de la relation entre parents et professionnels de la naissance - dans les deux sens évidemment - afin de rendre le déroulement et le vécu de ces passages de vie fondamentaux aussi fluides, positifs, beaux et « empuissançants » que possible.



Vous pouvez me partager votre expérience et/ou votre ressenti sur ce sujet en commentaire, je serai super heureuse de vous lire !


Pour un moment qui vous permette à la fois de vous détendre et de connecter à votre puissance, vous pouvez télécharger gratuitement la méditation "Les 4 éléments comme ressources pour l'enfantement" ici. Vous trouvez aussi certaines propositions en libre accès sur ma chaîne Youtube. Si vous souhaitez vous préparer différemment pour la naissance de votre bébé en plus de votre préparation classique, le programme en ligne Au coeur de la naissance© est à découvrir ici. Ce programme à faire à votre rythme depuis chez vous propose une approche globale et réenchantée qui vous replace au centre de ces passages de vie. Grâce aux informations et aux pratiques psychocorporelles, vous vous préparez concrètement dans votre chair, dans votre tête et dans votre coeur pour avancer avec sérénité et confiance vers l'accouchement et le postnatal. Enfin, si vous préférez le contact direct et un accompagnement sur mesure, je serai honorée de vous recevoir en séance individuelle en présentiel ou en visio.


Je vous souhaite une merveilleuse grossesse, un bel accouchement et une rencontre inoubliable avec votre bébé. Plus encore, je vous souhaite d'être soutenue, entendue, respectée et choyée.



*Recommandations de l’OMS sur les soins intrapartum pour une expérience positive de l’accouchement du 7 février 2018, encadré 2.1, p.15. Basé sur la revue documentaire systématique Downe S, Finlayson K, Oladapo OT, Bonet M, Gülmezoglu AM (2018) What matters to women during childbirth: A systematic qualitative review. PLoS ONE 13(4): e0194906.

14 vues0 commentaire

Комментарии

Оценка: 0 из 5 звезд.
Еще нет оценок

Добавить рейтинг
bottom of page